Vé, ça, c'est un frelon asiatique. Et ça, au bout de l'abdomen, c'est pas une aiguille. C'est une machine en trois pièces, avec une pompe et un réservoir. Aujourd'hui, on la démonte.

D'abord, le dard lui-même. Pas une aiguille, mais trois : un stylet, large et lisse, et deux lancettes, fines, qui coulissent dessus comme sur des rails. Au bout de chaque lancette, huit ou neuf crochets, tournés vers l'arrière.

Quand il pique, le frelon n'enfonce pas tout d'un coup. Une lancette avance et s'accroche avec ses crochets. L'autre avance, s'accroche. Et ainsi de suite, une à une : le dard s'enfonce cran par cran, presque sans forcer.

Le venin, lui, est stocké dans un réservoir, la poche à venin, rempli par une glande. Autour de la poche, des muscles. Chez les guêpes et les frelons, c'est un système à injection : les muscles pressent la poche, et le venin descend dans le canal, entre les trois pièces, jusqu'à la pointe.

Et pourquoi le frelon peut piquer plusieurs fois, alors que l'abeille meurt après une seule ? Chez l'abeille, dix à onze crochets par lancette, et un stylet trop étroit pour les cacher : le dard reste planté, et l'abeille s'arrache l'abdomen. Chez le frelon, moins de crochets, et un stylet assez large pour les abriter quand il retire. Il repart, et il recommence.

Sources

Comparative Morphology of the Stinger in Social Wasps, Insects 2021 (CC BY) ; Mulfinger et al., Ann. Entomol. Soc. Am. 1992 (stylet et autotomie du dard). Vidéo : frelon (Vespa analis) au ralenti, Phonon.b, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Micrographie du dard d'abeille : CDC PHIL 8240, domaine public.